FESTIVALS D’HIVER À DÉCOUVRIR AU JAPON

Le Japon est connu à travers le monde pour sa beauté incomparable au printemps, lorsque fleurissent les cerisiers, mais saviez-vous qu’il recèle de nombreux charmes en hiver aussi? Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’en découvrir une partie, notamment de jolis villages dans les montagnes, des stations de ski aux paysages merveilleux, des singes faisant trempette dans des onsen, un parc d’illuminations à Nagoya, et je vous avais parlé de ce périple dans cet article.

Cette année, j’y suis retournée pour réaliser mon rêve de vivre pour toujours 6 mois au Japon, et ce fut l’occasion de prendre le temps de découvrir une autre facette merveilleuse de l’hiver japonais: les FESTIVALS. Mêlant culture, gastronomie, animations et , Japon oblige, poésie visuelle, on en trouve vraiment de divers et variés, selon les villes et préfectures visitées. Voici donc une petite sélection de ceux auxquels j’ai eu la chance d’assister, et que je vous recommande vivement si votre itinéraire le permet!

1. SAPPORO YUKI MATSURI, LE FESTIVAL DE LA NEIGE:

Probablement l’un des plus grands festivals d’hiver au Japon (et sûrement dans le monde?), ce festival mériterait carrément un article rien que pour lui, tellement il est grandiose et passionant à découvrir! Comme son nom l’indique, il se déroule à Sapporo, située au nord du Japon sur l’île d’Hokkaido (accessible en Shinkansen ou en avion).

On peut y découvrir d’innombrables sculptures sur neige et sur glace, les sujets et tailles étant très variés: on peut y voir de petites sculptures kawaii de personnages célèbres tels que Totoro, Hello Kitty, Doraemon, etc, des personnages de manga, mais aussi de véritables fresques géantes avec des animaux, des bâtiments célèbres, etc. Les sculptures changent tous les ans, au gré des thématiques choisies par les organisateurs et par les artistes eux-mêmes.

Le festival se déroule sur 3 zones principales:

  • le parc Odori, site principal avec ses sculptures de neige:

À découvrir de jour…

… ou de nuit avec les illuminations (venez bien couverts, car évidemment, le froid est particulièrement mordant la nuit! Pour les océaniens comme moi qui arriveraient pas vraiment équipés pour le froid, vous trouverez ce qu’il faut dans les magasins Uniqlo).

  • le quartier Susukino et ses sculptures de glace:
  • le parc Tsudome, plutôt consacré aux activités de glisse et animations familiales (voyageant seule, j’ai choisi de zapper cette partie du festival).

Dates: chaque année début février (pour 2024, il est prévu du 4 au 11 février).

Logement: étant seule et en mode pauvre économique (mdr) car j’étais là pour une longue période et avec un budget limité, j’ai séjourné dans un hostel, le Arura Sapporo, et j’ai été très satisfaite tant au niveau tarif et confort que propreté. Si vous venez en couple ou en famille, le Best Western Sapporo Odori Koen se trouve idéalement placé à 2 pas du parc Odori, site principal du festival.

Activités: Comme autres activités à faire sur Sapporo, je recommanderais de manger un ramen dans la fameuse Ramen Alley, une visite au Sapporo Beer Museum, un petit tour dans les jardin de l’ancien palais du gouverneur ou encore au sanctuaire Hokkaido Jingu.

2. ASAHIKAWA FUYU MATSURI:

Pour résumer très rapidement, ce festival se déroulant à Asahikawa, une ville à 1h30 de train de Sapporo, fonctionne à peu près sur le même principe que le Festival de Sapporo, avec de belles sculptures de neige et de glace, des stands de nourriture et des animations sur une grande estrade en neige, à la différence que celui est plus petit en taille et qu’il y a BEAUCOUP moins de monde (genre 4 fois moins!). Personnellement, j’ai préféré celui-ci à celui de Sapporo, car bien qu’étant moins grandiose, il avait un côté plus familial et tranquille, j’ai pu admirer les sculptures sans slalomer entre les groupes de touristes et de perches à selfies, et honnêtement, ça fait toute la différence pour moi.

Les 2 sites principaux du festival sont les suivants:

  • le parc Tokiwa près du pont Aasahibashi, où on trouve les sculptures de neige, la grande estrade en neige où ont lieux les spectacles de danse, chant, et autres talents, des stands de nourriture et des parcours de glisse pour les petits.
Evidemment, on envisage pas un seul instant un festival japonais sans l’apparition de mascottes kawaii! J’adore!
  • Heiwa Dori, une longue rue où vous retrouverez les sculptures de glace, que j’ai trouvées aussi impressionantes que celles de Sapporo, et que j’ai pu admirer plus en détail puisque j’étais quasiment seule face à chaque sculpture la plupart du temps.

Dates: Début février (en 2024, le festival est prévu du 7 au 12 février).

Logement: Ayant encore une fois comme critère principal mon budget limité, j’ai séjourné à l’hôtel Tabist, que j’ai trouvé très correct et confortable pour le prix, et qui se trouvait à 1 minute à pied du site principal du festival.

À faire: manger de délicieux tokiwa yaki au Fukuyoshi café (tokiwa yaki), faire du shopping au Aeon Mall Asahikawa Ekimae et faire un day trip au Shirogane Blue pond de Biei.

3. SOUNKYO ICE FALL FESTIVAL:

Ce festival, se déroulant à Sounkyo, un village de montagne également à Hokkaido, est probablement celui qui m’a le plus émerveillée, de par ses fabuleuses constructions en stalactites et en stalacmites éclairées de mille couleurs. En effet, il a lieu uniquement de nuit (et attention, températures glaciales et vent garantis!), et les illuminations ajoutent clairement au côté féérique du lieu. On passe d’un palais de glace à l’autre pour admirer les sculptures et l’architecture même des palais. On se croirait franchement dans un remake de la Reine des Neiges!

Ils ont aussi un Ice Bar, c’est-à-dire un bâtiment entièrement en glace (tables et chaises incluses) où on peut venir déguster des boissons chaudes (vraiment indispensables par ces températures), notamment à base de sake.

Dates: Fin janvier à début mars.

Logement: Il n’y avait pas énormément de choix sur place car suite au Covid, de nombreux établissements ont fermé, mais j’ai séjourné au Mount View Hotel et malgré son côté vieillot, je l’ai trouvé confortable et j’ai beaucoup apprécié son onsen pour me réchauffer après les balades dans le blizzard! Je vous conseille fortement d’y réserver vos repas également si vous séjournez sur place, car il n’y a pas de resto ouvert le soir (à ma connaissance).

Donc si vous ne voulez pas finir comme moi à affronter une marche de 15 minutes sous une tempête de neige pour aller chercher de quoi grignoter au 7-eleven, prenez vos dispositions!

À faire sur place: le village est quasiment désert la journée, donc peu d’activités de ce côté là (ja’i peiné pour trouver un café ouvert), par contre vous pouvez contacter leur office de tourisme pour réserver des randos guidées en raquettes (avec possibilité de découvrir la faune locale si vous êtes chanceux) ou bien prendre le téléphérique pour gagner les hauteurs et y faire du ski ou du snowboard.

4. FESTIVAL DU FEU ET DE LA NEIGE DE KAKUNODATE:

Se déroulant à Kakunodate (AKA la petite Kyoto de Tohoku), dans la préfecture d’Akita, ce festival remporte à mes yeux la palme du festival le plus convivial et le plus chaleureux (dans tous les sens du terme!).

En effet, il s’agit d’un festival de nuit au cours duquel des petits groupes d’habitants (amis, collègues, associations, etc) se retrouvent autour d’un feu de joie et font tournoyer autour de leurs têtes des fagots de bois enflammés, attachés par une corde, ceci ayant pour but de chasser les mauvais esprits et la malchance. Et toute personne qui s’approche de leur feu est accueillie chaleureusement dans leur cercle (peu importe qu’on soit du coin, japonais ou étranger, d’après mon expérience, tout le monde est bienvenu), invitée à partager leurs boissons (un monsieur m’avait donné une bière à la pêche, j’ai trouvé ça trop gentil!) et à faire tournoyer une boule de feu pour s’assurer chance et bonheur.

Le soir où j’y étais, il faisait vraiment un froid de canard et la neige tombait, mais je me suis sentie hyper privilégiée de pouvoir partager ce petit moment avec des locaux et leur parler de mon pays, la Nouvelle-Calédonie (que beaucoup de japonais assimilent à un « paradis », du fait de nos beaux paysages. D’ailleurs, ils se demandaient bien pourquoi j’avais quitté mes plages de sable blanc pour venir me geler au fin fond de la toundra japonaise avec eux! MDR)

Dates: 13 et 14 février

Logement: Je n’ai pas d’hôtel à vous recommander pour cette ville. Pour ma part, j’ai opté pour un hébergement en pension, donc chez l’habitant, chez une très gentille dame, et gros coup de hasard, elle parlait français car sa fille est mariée à un français, donc elle se rend assez régulièrement en France ou accueille ses petits-enfants français chez elle. Elle était super contente de pouvoir pratiquer son français avec moi!

À faire sur place: visiter les maisons de samouraï de la rue Bukeyashiki, se baigner dans un onsen, goûter à une spécialité locale, les inaniwa udon, une variété de udon reconnue comme l’une des 3 variétés de qualité supérieure.

5. YOKOTE KAMAKURA FESTIVAL :

Pas besoin d’aller jusqu’au Pôle Nord pour voir des igloos. Au Japon, vous pourrez en voir la version japonaise en hiver, connue sous le nom de kamakura. Et à Yokote plus particulièrement, dans la préfecture d’Akita, vous pourrez découvrir un festival consacré à ces jolies huttes de neige, en format géant ou miniature.

 Le festival tirerait son origine de la mise en flammes des décorations des festivités du nouvel an qui, dans ce mouvement, seraient renvoyées aux dieux . Ce sont les enfants et adolescents qui construisent chaque année des kamakura au sein de la ville. Ces petites huttes sont éclairées par des lanternes, alors qu’un autel en l’honneur des divinités y est installé, avec à côté du daifuku (pâte de riz fourrée) et de l’amazake (boisson non-alcoolisée faite à base de riz).

Quand le ciel se dégage 20 minutes… je fonce pour la photo qui claque! mdr

Il est même possible de réserver un grand kamakura le soir pour y dîner, mais personnellement, ma partie préférée du festival, c’est celle où on peut admirer des milliers de mini kamakura qui s’illuminent à la tombée de la nuit, formant ainsi une constellation de toute beauté. Si comme moi vous êtes tentés de quitter le festival avant la tombée de la nuit à cause du froid, résistez! J’ai vraiment lutté contre le froid pour tenir quelques heures de plus, mais ce magnifique spectacle en valait vraiment le coup. Pour info, à la tombée de la nuit, des navettes gratuites circulent entre les différents sites du festival.

Dates: 15 et 16 février

Logement: Réservez longtemps à l’avance si possible! Ce festival est très populaire et les hôtels se remplissent très vite à Yokote à ces dates. Pour ma part, ne trouvant pas de logement dans la ville-même, j’ai opté pour l’hostel Camosiba dans la ville voisine de Jumonji, et j’ai apprécié ses espaces communs chaleureux, avec le petit côté chalet en bois très sympa.

À faire sur place: Visiter le Château de Yokote, goûter un kiritampo (brochette de pâte de riz grillée) et boire un verre d’amazake bien chaud pour lutter contre le froid.

6. NAMAHAGE SEDO FESTIVAL:

Ce festival qui a lieu au sanctuaire Shinzan dans la péninsule d’Oga (préfecture d’Akita) est basé sur l’ancienne légende et le folklore des namahage, un genre de démon ogre, qui parcourt la région en hiver à la recherche d’enfants fainéants ou désobéissants. Il y a également un fond de vérité derrière ces légendes. En effet, il était dit que les personnes fainéantes, qui passaient trop de temps assises près du feu en hiver, finissaient par avoir des brûlures sur la peau, et selon la légende, l’odeur de cette peau brûlée attirait les namahage, qui apparaissaient armés de couteaux pour découper et prendre possession de cette peau brûlée. De quoi motiver tout le monde à ne pas trop s’attarder au coin du feu, n’est-ce pas!

Le ticket d’entrée du festival Namahage Sedo: un couteau en bois! Juste génial!

En arrivant sur le site du festival, vous passerez d’abord par le Musée des Namahage, où vous pourrez voir plusieurs statues de namahage et oeuvres d’art liées à leur folklore, mais également des sculpteurs de masques à l’oeuvre. Puis, le festival ayant lieu le soir, vous suivrez un chemin bordé de lanternes puis un escalier pour accéder au sanctuaire Shinzan. Ce cadre sacré, au pied de la montagne et éclairé par les lanternes et un grand feu de joie confère vraiment une ambiance mystique à l’évènement.

Puis vient le moment tant attendu où on entend des voix et des rugissements descendant de la montagne, et où apparaissent les namahage, qui parcourent les foules en menaçant les enfants avec les paroles suivantes:  » Nakuko wa inee ga? (Il y a des pleurnicheurs par ici?) Waruiko wa inee ga? (Il y a de méchants enfants par ici?) ». Un moment peut-être un peu cruel pour les enfants sur le coup (oui, il y a des pleurs!), mais ô combien pédagogique je trouve!

Dates: le deuxième week-end de Février chaque année. Le festival commence à 18h et les namahage descendent de la montagne aux alentours de 19h30.

Logement: Pour ma part, je venais de revenir d’Hokkaido en avion, et j’avais atterri à l’aéroport d’Akita, donc j’ai choisi mon hébergement près de la gare d’Akita, le Comfort Hotel Akita, et il m’a donné entière satisfaction, tant au niveau du confort, de la propreté, du tarif très raisonnable que du délicieux petit-déjeuner inclus. Il y a 55 minutes en train de la gare d’Akita à la gare d’Oga, puis il faut prendre une navette de la gare d’Oga jusqu’au sanctuaire où se déroule le festival.

À faire sur place: voir le Godzilla Rock (Oga), manger un succulent plat de soba au restaurant Shiki (Akita) et acheter des souvenirs typiques de la préfecture dans la boutique des sous-sols du Atorion (Akita).

Pour info, j’ai effectué tous les trajets entre ces festivals (plus d’autres étapes) en train et Shinkansen avec un JR Pass de 7 jours (coût du Pass à l’époque: 26 000 FCFP, mais malheureusement, ce tarif va bientôt augmenter :/ ), et je suis revenue d’Hokkaido à Akita en avion (coût du vol: 7600 FCFP).

J’espère que cet article vous donnera envie de (re)découvrir le fuyu (=hiver) japonais très bientôt! Pour ma part, c’est le cas, j’ai hâte de retourner au Japon pour faire découvrir ces festivals à mon cher et tendre, et aussi pour en découvrir de nouveaux dans d’autres préfectures.

Si vous avez des questions ou des suggestions pour d’autres festivals, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire et je me ferai un plaisir d’y répondre 🙂 . Mata ne!

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